Résidence du 12 au 23 octobre 2026

Sortie de résidence : 22 oct à 19h30 à La Gadelière à Landrecies /voir sur maps

Après un passage à Eclectic Campagne(s) en mai, la compagnie Un Loup pour l’homme revient sur le territoire. Elle s’installera à Landrecies dans un corps de ferme pour continuer son travail : LA NUIT DES TEMPS. Lors de cette résidence, le focus principal sera la matière elle-même. L’occasion pour la première fois pour la compagnie de se faire livrer quelques mètre-cubes de terre, d’en choisir la plus appropriée pour leur travail, de s’en enduire, d’y apparaitre et d’y disparaitre. Terre, matière. Sculpter et enduire.

La compagnie sera également présente le 18 octobre à La Foire Saint-Luc de Landrecies, fête populaire et agricole historique majeure de la région de l'Avesnois.


Avec ce nouveau spectacle, La Nuit des temps, nous voulons renouer les racines communes de l'apparition du geste et des techniques corporelles à l'œuvre, d'une part dans notre pratique acrobatique, et d'autre part, dans le travail de la terre du monde paysan.
L'un comme l'autre ont en commun de s'acquérir dans le temps, lors de multiples répétitions.
Toutes deux s'érigent à partir du sol.
Sans le sol, pas d'appui physique pour nos figures acrobatiques, pas de soutien pour nos sauts, nos réceptions, nos portés.
Sans le sol, sans la terre, pas de substrat pour notre alimentation, pas de germination, pas de vie.
À la rencontre de ce sol qui nous supporte et qui nous nourrit, nous allons nous y frotter, le creuser, le sillonner, en faire notre matière de prédilection, notre décor, notre terrain d'exploration.

Armé·es d'outils, comme d'autant de jouets, l'effort sera inévitable.
La sueur se mêlera aux rires, car en miroir à la pénibilité du labeur, nous associerons l'innocence et l'exubérance du jeu de l'enfant.
Sales, assurément, épuisé·es et heureux·ses.
Un carré de sol comme un bac à sable.
Un trou de terre comme un berceau de l'humanité.

Note d’intention

Vers un cirque paysan
Il y a dans la figure du porteur quelque chose de terrestre, érigeant sa verticalité à partir du sol qui nous porte tous.
Se jouant de la gravité, nous autres acrobates sommes aux prises avec des notions de poids, de travail, d'effort, tout comme l'ont été des générations de paysans ployés vers la terre.

Le sol, lieu de la fertilité, d'apparition de la vie, de composition et de recomposition, dont nous sommes issu·es et où nous retournons.

Outre cette dimension symbolique qu'appelle la matière « terre », nous voulons explorer à travers une relation très forte au sol, à la terre, un parallèle entre l'acquisition des techniques corporelles acrobatiques et celles d'un travail paysan presque révolu.
Où la répétition du geste acrobatique ferait écho à celle du labeur paysan.
Creuser, cultiver.

Où l'utilisation d'outils, emblématiques ou spécifiques, nous permettra un nouveau vocabulaire, celui d'un corps acrobatique étendu.

Des corps à l'œuvre comme fondement de notre humanité
Pour certains chercheurs, le concept d'Homo faber, d'homme qui fait, supplante celui d'Homo Sapiens, d'homme qui sait. Dit plus simplement : c'est le corps qui fait, le développement de la main, des techniques manuelles et corporelles, qui précède et crée l'intelligence. De ce long phénomène d'évolution et d'incorporation découle notre humanité.

La maturation et la transmission de gestes forgent elles-mêmes notre bipédie, et surtout assurent dès l'aube des temps nos besoins essentiels : se nourrir et s'abriter.
La faim et le froid ont dû œuvrer souvent à l'élaboration des mouvements, des stratégies et des outils.

Par un subtil renversement des fins et des moyens, le jeu, ou en ce qui nous concerne, les jeux acrobatiques, nous offrent d'explorer en soi les possibles de ce corps.

Nos corps de cirque à l'œuvre, grimpant, creusant, soulevant, lançant, se font l'écho de dynasties de cueilleurs, de paysans, de bâtisseurs. Avec le geste acrobatique est convoqué celui de la vie de cirque itinérante : planter un pieu, tendre une toile, faire un nœud, ou autant d'échos aux éphémères châteaux de sable et cabanes de nos enfants.

Car le geste de cirque met en lumière un commun, une histoire universelle, ce corps et ces techniques dont nous héritons, et dont les capacités – intelligence comprise – doivent aujourd'hui nous interroger.
Si nous savons peu ou prou d'où nous venons, jusqu'où, vers où nous diriger aujourd'hui ?

Joyeusement low-tech, cette pièce de cirque aux accents paysans redessine une genèse poétique de nos interactions.


Direction artistique : Alexandre Fray
Artistes de cirque : Alexandre Fray, Špela Vodeb, Calou Rais (en cours)
Regard extérieur : Claudio Stellato
Régie : Rémi Athonady, Léo Debeugny
Administration, production, diffusion : Lou Henry, Chloé Vancutsem, Emma Lefrançois

Production : Un loup pour l’Homme
Coproductions : Le Prato - Pôle National Cirque à Lille (59), Cirque Jules Verne - Pôle National Cirque Amiens (80), Réseau 4HDF dans le cadre du Plan Mieux produire mieux diffuser, Le Carré Magique, Pôle National Cirque de Lannion (22), La Faïencerie – SCIN Creil (60), Le Palc – Pôle national Cirque de Châlons en champagne (51), Theater op de markt Dommelhof (BE)…(en cours)
Soutiens pour les labos de recherche préliminaires : Commande d’un « Cirque agricole » initiée par 13e sens/Festival Pisteurs d’étoiles à Obernai (67), CCOUAC Ecurey (55), La chambre d’eau, Le Favril (59), avec le soutien du programme EXPE de la Région Hauts-de-France.

La compagnie Un loup pour l’Homme est conventionnée par la DRAC Hauts-de-France (2025-2028), soutenue en programme triennal par la Région Hauts-de-France (2025-2027) et au programme d’activités par le Département du Pas-de-Calais. Elle est compagnie associée au projet du Prato, Pôle National Cirque de Lille, et sera artiste acolyte du Cirque Jules Verne, Pôle National Cirque d’Amiens en 2027-2028.